Planning de garde équitable : comment répartir les week-ends
Vous faites le planning de garde de votre service. Chaque mois, pour un planning de garde équitable, la même question revient : qui prend le samedi, qui prend le dimanche, et la répartition est-elle juste ?
Photo : Unsplash.
En résumé : pour répartir les week-ends équitablement, comptez séparément le samedi, le dimanche et le vendredi, donnez à chaque médecin sa propre cible de gardes, lissez sur l'année et tenez compte des désidérata. Un tableur sait compter les gardes. Les répartir en croisant tout cela est un travail de calcul, que nous confions à un moteur.
Un samedi n'est pas un dimanche
« Quatre gardes ce mois-ci » ne dit pas lesquelles. Quatre samedis et quatre dimanches ne représentent pas la même charge. Pour un praticien hospitalier, les textes ne les traitent d'ailleurs pas de la même façon. Voici ce que dit le glossaire de DeGarde, dont les phrases de droit ont été rapprochées du texte officiel :
« L'indemnité de sujétion est versée pour le travail qu'un praticien hospitalier accomplit sur place, au titre de ses obligations de service, la nuit, le samedi après-midi, le dimanche ou un jour férié. C'est une indemnité ou une demi-indemnité (arrêté du 30 avril 2003, article 9). »
Source : Glossaire, indemnité de sujétion
Et pour les montants :
« Pour un praticien hospitalier, depuis le 1er novembre 2025, c'est 422,03 € pour une nuit, un dimanche ou un jour férié, et 211,01 € pour une demi-nuit ou un samedi après-midi. »
Source : Glossaire, indemnité de sujétion
Le texte ne met donc pas un samedi après-midi et un dimanche sur le même plan. Compter toutes les gardes de week-end ensemble cache cet écart. Le médecin qui a pris trois dimanches et celui qui n'en a pas pris ont peut-être le même total, mais pas la même charge.
Dans DeGarde, le moteur équilibre par défaut trois compteurs séparés : les gardes du samedi, celles du dimanche et des jours fériés en semaine, celles du vendredi et des veilles de fériés. Par défaut, le dimanche et les jours fériés pèsent plus que le samedi, et le vendredi moins. Chaque service peut modifier ces poids.
Premier principe : compter le samedi, le dimanche et le vendredi séparément.
Les temps partiels : une cible par médecin
Dans un service, les médecins ne sont pas forcément tous à 100 %. L'un travaille à temps partiel avec un jour off, un autre n'est présent que deux jours par semaine, un troisième partage son temps avec un autre hôpital. Comment répartir les gardes quand les quotités varient ?
Prenons un service fictif :
- trois médecins à 100 %, cible de quatre gardes par mois ;
- un médecin à 80 %, vendredi off, cible de trois gardes ;
- un médecin à 50 %, présent trois jours par semaine, cible de quatre gardes ;
- un médecin à 20 %, partagé avec un autre établissement, cible d'une garde.
Dans cet exemple, le médecin à 50 % fait autant de gardes qu'un temps plein, parce que les gardes sont l'essentiel de son activité. Ce que la quotité ne dit pas, le profil le dit. Dans DeGarde, la cible de gardes par mois se règle à part, dans le profil du médecin, et celle d'un temps partiel peut égaler celle d'un temps plein.
Deuxième principe : la cible de gardes est individuelle, elle ne découle pas mécaniquement de la quotité.
Un mois ne suffit pas
Sur un mois, l'équité peut être hors d'atteinte. Les vacances, les formations, les jours fériés et les repos après garde réduisent les créneaux disponibles, et quelqu'un doit prendre ce que les autres ne peuvent pas prendre.
Imaginons qu'un médecin ait fait deux dimanches en février parce qu'il était le seul disponible. Un planning de mars parfaitement équilibré ne corrige rien de cela. Quelqu'un doit garder ces chiffres en tête, mois après mois. Un onglet du tableur peut les tenir, mais il sert de référence après coup : il n'influence pas la construction du planning suivant.
Dans DeGarde, le moteur peut tenir compte des gardes déjà faites depuis le début de l'année civile, à partir de trois mois de données, pour compenser un déséquilibre. Selon le service, la période prise en compte peut être différente.
Troisième principe : mesurer l'équité sur l'année, pas seulement sur le mois.
Équité ne veut pas dire uniformité
Donner le même nombre de samedis et de dimanches à tout le monde ne suffit pas non plus. Un médecin dont les enfants sont chez l'autre parent un week-end sur deux préfère faire ses gardes ces week-ends-là. Un autre préfère le dimanche pour garder le vendredi et le samedi libres. Ces préférences n'ont rien de capricieux : elles viennent de la vie personnelle de chacun. Ce sont les désidérata.
Les règles de récupération changent aussi la donne. Sur certains services, le moteur favorise des jours libres après une garde du vendredi, du samedi, du dimanche ou d'un jour férié, en nombre variable selon le jour. Deux gardes dans le même week-end, comme le vendredi puis le dimanche, un « VD », peuvent être recherchées par un service et évitées par un autre.
Le médecin qui fait le planning connaît souvent les préférences de chacun. Il les combine de tête avec l'équité, les repos et les quotités, et fait au mieux.
Quatrième principe : faire entrer les préférences dans le calcul d'équité. L'équité n'est pas « tout le monde pareil ». Chacun a ce qu'il préfère quand c'est possible, et le total reste équilibré sur l'année.
Ce qu'un tableur fait, et ce qu'il ne fait pas
Un tableur compte très bien. Avec des formules, il donne par médecin le nombre de samedis, de dimanches et de vendredis, le nombre de jours postés, le nombre de week-ends travaillés. Il constate l'écart après coup.
Lui faire proposer les affectations, c'est autre chose : il faudrait croiser l'historique, les désidérata, les repos et les quotités en même temps. Des macros permettent d'y arriver, au prix d'un fichier que personne d'autre ne sait entretenir.
C'est ce que fait un moteur de planning. Il ne s'agit pas d'intelligence artificielle : c'est un calcul qui croise les règles et cherche la meilleure répartition. Nous l'avons construit avec un service hospitalier, à partir de ses règles réelles.
Pour aller plus loin
DeGarde
Planning de garde automatisé
DeGarde est un logiciel de planning de garde pour les services hospitaliers de 5 à 100+ praticiens. Le moteur génère les postes et les gardes du mois en quelques secondes à quelques minutes, selon la taille du service, en respectant les règles que nous configurons avec vous. Déjà utilisé en service hospitalier. Premier mois gratuit, sans engagement.