Temps médical continu
Le temps médical continu est un régime dérogatoire d'organisation du temps de travail à l'hôpital. Le décompte se fait en heures (maximum 48h par semaine en moyenne sur 4 mois) au lieu de demi-journées. Les activités de jour et de nuit sont indifférenciées.
Ce régime est ouvert à l'anesthésie-réanimation, à l'accueil et au traitement des urgences, à la réanimation, à l'obstétrique, la néonatologie et la réanimation néonatale, et à la gynécologie-obstétrique au-delà de 2 000 accouchements par an. À l'initiative du responsable médical de la structure et après avis des praticiens concernés, la CME peut le proposer au directeur, après avis de la commission de l'organisation de la permanence des soins, pour un an renouvelable après évaluation des activités concernées.
Concrètement, le tableau aligne des périodes de jour et de nuit, d'une amplitude de 14 heures au plus chacune. La participation et son indemnisation se font de manière identique à celles d'un service de jour suivi d'une permanence sur place (arrêté du 30 avril 2003, article 9-B). Pour les hospitalo-universitaires, le repos de sécurité de 11 heures pris immédiatement après chaque garde de nuit est, en temps médical continu, une interruption totale de toute activité ; dans les autres activités, il interrompt toute activité clinique en contact avec le patient.
Astreinte
L'astreinte à domicile est l'une des deux formes de la permanence des soins, l'autre étant la permanence sur place (arrêté du 30 avril 2003, article 1). Cette permanence couvre la nuit, le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés. Le praticien d'astreinte peut se trouver chez lui ou dans tout autre lieu de son choix, à condition d'être joignable en permanence et de pouvoir intervenir dans les plus brefs délais (article 3).
Le temps de soins réalisé au cours d'une astreinte est du temps de travail effectif (article 2). Pour le décompte des obligations de service, ce sont les déplacements qui comptent : l'intervention sur place, mesurée en heures, et le trajet, forfaitisé à une heure aller-retour dans la limite de deux heures par astreinte (article 14). Chaque tranche de 5 heures cumulées, trajet compris, vaut une demi-journée, et le reliquat passe au quadrimestre suivant.
Pour un praticien hospitalier, l'astreinte donne lieu à une indemnité forfaitaire, quel que soit le nombre de déplacements. Chaque établissement définit ses forfaits d'astreinte, et le classement d'une astreinte tient compte notamment de l'intensité moyenne de l'activité et de la fréquence des déplacements. Depuis le 1er novembre 2025, le directeur fixe le montant de chaque forfait, sur proposition de la commission de l'organisation de la permanence des soins, entre 70 et 280 € pour une nuit ou deux demi-journées (article 14). Pour les personnels enseignants et hospitaliers, ce montant peut être majoré selon l'intensité moyenne de l'activité, jusqu'à 500 € pour une nuit ou deux demi-journées (article 14 bis). L'article 14 ne s'applique pas au praticien hospitalier logé par nécessité ou utilité de service (article 18).
Dans DeGarde, un service peut déclarer dans sa configuration que, certains jours ouvrés, l'astreinte revient au médecin d'un poste à un horaire donné, par exemple celui du bloc d'orthopédie le matin. Il peut aussi déclarer une suite de jours qui n'a qu'un titulaire d'astreinte, comme du vendredi au dimanche.
Temps de travail additionnel (TTA)
Le temps de travail additionnel (TTA) est le temps qu'un praticien hospitalier peut accomplir, sur la base du volontariat, au-delà de ses obligations de service hebdomadaires (article R6152-27 du Code de la santé publique). Une période de TTA peut être, au choix du praticien, rémunérée, récupérée ou versée au compte épargne-temps (arrêté du 30 avril 2003, article 4).
Un refus ne peut causer aucun préjudice au praticien. Que le recours au TTA soit prévisible ou ponctuel, son engagement donne lieu à un contrat. Le TTA se déclenche au-delà des obligations de service : dix demi-journées par semaine pour un temps plein en droit commun, et en temps continu, selon l'instruction DGOS du 30 décembre 2025, le nombre d'heures convenu, dans la limite de 48 heures par semaine en moyenne sur quatre mois. Il ne se décompte qu'à l'issue de chaque période de quatre mois, une fois constatée la réalisation des obligations de service (article 4). Selon la même instruction, les heures réalisées au-delà des obligations de service, cumulées en plages de 5 heures, sont alors converties en demi-périodes de TTA.
L'article 13 de l'arrêté du 30 avril 2003, dans sa version en vigueur depuis le 1er novembre 2025, fixe pour un praticien hospitalier l'indemnité d'une période de TTA à 335,60 € et celle d'une demi-période à 167,79 €. Il ne s'applique pas au praticien hospitalier logé par nécessité ou utilité de service (article 18). Ces indemnités sont versées au terme de chaque quadrimestre (article 21).
Quadrimestre
Le quadrimestre est la période de quatre mois sur laquelle se calcule la moyenne hebdomadaire du temps de travail d'un praticien hospitalier, plafonnée à 48 heures (article R6152-27 du Code de la santé publique). L'atteinte des obligations de service s'apprécie à l'issue du quadrimestre (instruction DGOS du 30 décembre 2025). C'est aussi à la fin du quadrimestre que se calcule le temps de travail additionnel.
Ni les articles R6152-26 à R6152-28, R6152-35 et R6152-801 du Code de la santé publique, ni l'arrêté du 30 avril 2003, ni l'instruction DGOS du 30 décembre 2025 ne fixent la date de départ des quadrimestres. Dans DeGarde, les quadrimestres regroupent les mois de janvier à avril, de mai à août et de septembre à décembre.
À la fin de chaque quadrimestre, le directeur établit, notamment pour les praticiens hospitaliers, un état récapitulatif qui fait apparaître le temps de travail additionnel (arrêté du 30 avril 2003, article 20). Chaque praticien en reçoit l'extrait qui le concerne. Dans DeGarde, pour un médecin qui a un budget P, la vue de suivi P compare, quadrimestre par quadrimestre, les demi-journées prévues ou réalisées à celles qui sont attendues, et affiche l'écart.